K- 02 : retour sur les exploits de Frédéric Swierczynski

K- 02 : retour sur les exploits de Frédéric Swierczynski
9 mai 2017 Erwan Kerneur

K- 02 : retour sur les exploits de Frédéric Swierczynski.

(Crédit photo: Florian Launette)

Akrone a dans ses lignes de conduite la recherche de partenaires spécialisés dans leur domaine. Pour la sortie de sa plongeuse, nom de code K-02, elle fait appel à un professionnel de l’extrême, le plongeur Frédéric Swierczynski. Il pratique sa passion depuis l’âge de 7 ans et est ce que l’on appelle un spéléonaute : à la croisée du plongeur et du spéléologue. Il fait désormais partie de la petite dizaine de plongeurs en Europe à tenter l’impossible en s’aventurant dans des profondeurs encore inconnues.

 

Record de France

Le 27 septembre 2016, le premier prototype de la K- 02 accompagne ce marseillais lors de son record de France des 267 mètres dans la grotte de la Mescla, à 40 km de Nice. C’est une performance de 7h de plongée dans le ventre du siphon dont la profondeur exacte est un mystère. Malgré toute la technologie disponible, seul des hommes comme Frédéric sont capable d’estimer une profondeur réelle constatée en se rendant dans ces lieux aussi insolites. Finalement, la montre, exposée à une pression de 27 bars en immersion longue, en ressort intacte. Cette prouesse réalisée par le sportif de haut niveau a aussi permis d’effectuer des relevés de spéléologie pour affiner l’étude du puits naturel qu’est la Mescla.

 

Un nouvel exploit en Croatie

Akrone a tenté un nouveau record à 300 mètres avec ce partenaire au succès symbolique. La plongée a eu lieu au Lac Rouge, près de la ville d’Imotski en Croatie. Ce lac karstique est le troisième gouffre le plus large du monde. Ce lac, aussi appelé Redlake, est né de l’érosion de la falaise qui l’entoure, aux teintes brunes et rouges dues aux oxydes de fer. À l’heure actuelle, tout comme le puits de la Mescla, nous ne possédons qu’une estimation de sa profondeur.
Frédéric et son équipe sont arrivés plus d’une semaine avant la plongée sur le site afin de tout organiser. Il faut préparer, entre autre, le matériel, installer les fixations pour la cloche de décompression, préparer les mélanges gazeux pour la plongée puis les analyser. L’équipe doit aussi installer un ponton au fond de ce gouffre afin d’y déposer le matériel.

(Crédit photo: Florian Launette)

Le samedi 6 mai, à 11h58, le plongeur débute son expédition dans le mystérieux Lac Rouge. Son équipe peut l’accompagner pour le début de la plongée jusqu’à environ 100 mètres. Ensuite, c’est seul qu’il doit affronter les profondeurs obscures et glacées de ce gouffre. L’immersion durera 180 minutes, il n’arrivera jamais à -300 mètres de profondeur et pour cause : il touche le fond du lac à -240 mètres et devient le premier homme à le faire.
Son but est atteint, il a percé le mystère du lac en touchant et filmant le fond. Plus important encore, le Marseillais a pu rapporter des sédiments du lac aux scientifiques pour qu’ils les étudient.

Quand l’on demande à Frédéric s’il est déçu de ne pas avoir battu le record du monde, il nous réponds : « C’est anecdotique. Le battre, c’est bien mais le but, avant tout, c’était de percer le mystère de ce gouffre, de filmer le fond et de rapporter les sédiments aux scientifiques. Red Lake, c’est d’abord une histoire d’amitié et une belle aventure humaine. »

Pour en découvrir plus :
https://youtu.be/eT8XrvPYhq0

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