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Swiss made, french attitude et chinoiserie…

« Nous laissons une tribune à tous nos clients qui souhaitent commenter l’univers horloger ! Aujourd’hui, c’est Aurélien Cormier qui donne son avis sur le made Swiss, China, French… 

N’hésitez pas à commenter l’article en bas de cette page ! »

 

Swiss made, french attitude et chinoiserie…

Ce n’est pas le titre d’un film, mais le résumé de diverses problématiques qui gravitent dans la sphère de l’horlogerie, se mélangent, s’emmêlent, et prêtent parfois à confusion.
Le Swiss made, c’est quoi ? Un gage irréfutable de qualité, la certitude d’entrer dans un monde de privilégiés ?
Le swiss made horloger se définit d’abord par une norme presque douteuse, à tout le moins confuse et obscure.
C’est un chiffre. 60%. 60% de quoi, me direz-vous ? Du coût de fabrication global de la montre.
De nombreuses marques suisses font appel à des sous-traitants et ne connaissent pas forcément la provenance de leurs pièces… Ainsi ces 60% ne sont que théoriques et laissent place à une certaine « souplesse ». Le label swiss made pourra ainsi être revendiqué sans respecter à la lettre ses conditions d’obtention.
Et c’est l’acheteur qui se fait berner au bout du compte, bercé par l’illusion qu’il acquiert un produit totalement suisse.
Mais est-ce bien essentiel si le produit en question demeure d’excellente facture ?
Évidemment, oui, car l’acheteur paye aussi une image de prestige. Une image soigneusement préservée et entretenue par les pontes de l’horlogerie suisse. En horlogerie, il y a la Suisse et les autres. Préjugé tenace appuyé par une histoire réelle hors du commun dans le domaine.
Mais les Suisses ne sont pas seuls au monde. Il y a les Japonais bien sûr, avec Seiko et Citizen en tête, capables de produire des montres de grande qualité aussi bien luxueuses qu’à petit prix.
En Europe, les Allemands s’appuient sur un savoir-faire ancien pour proposer des modèles qui n’ont rien à envier aux Suisses. Des marques comme Lange ou Glashütte sont confortablement installées au Panthéon de ces marques réputées pour leur histoire, comme Breguet, Omega, Patek ou Rolex bien sûr.
Oui, mais les Chinois ? Toujours à copier, à infester le monde avec des répliques illégales ou des « chinoiseries » infâmes à bas prix ?
Et bien non. Ou du moins pas seulement. Les répliques de Rolex pullulent, c’est certain. Mais les Chinois sont capables de produire leurs propres montres avec beaucoup de talent, ils ont appris vite et bien. Ils fabriquent des composants de grande qualité pour les marques européennes.
Ils se sont hissés à un niveau qui embarrasse beaucoup de monde. Ils peuvent s’avérer aussi fiables que des sous-traitants suisses. Faire fabriquer sa montre en suisse ne garantit pas plus qu’ailleurs une absence de problèmes ou de fiabilité. Il faut casser ce mythe.
Le SAV des marques suisses s’avère inégal, parfois désastreux, même chez les marques de luxe.
Alors faut-il absolument acheter Suisse ? Et pourquoi ?
En tant que français, je n’ai dans l’absolu pas plus envie d’alimenter l’économie suisse que l’économie chinoise. Pays frontalier mais pas allié. La Suisse ne fait pas partie de l’UE.
Alors si les composants de ma montre sont fabriqués en Chine en étant dotés d’une qualité équivalente à leur homologues suisse, je ne ferai preuve d’aucun sentiment protectionniste à l’égard des Helvètes.
En revanche, je ne serai pas insensible au fait que ma montre soit conçue et assemblée en France et/ou qu’elle soit le fruit d’un travail en partenariat avec des artisans français.
La marque de fabrique d’Akrone, en somme.
Ça, c’est important. Soutenir ainsi le commerce français : l’observatoire de Besançon qui règle la précision des montres aux petits oignons, des artisans nantais qui vont fabriquer des boites pour les montres, patiner les bracelets à la main, graver les boîtiers pour des éditions spéciales et uniques… Sans parler donc de l’assemblage qui peut alimenter le travail de nombreuses personnes dans le milieu horloger français.
L’horlogerie française se doit de surfer sur cette nouvelle vague, alors oui à la french touch, arrosée de sauce nuoc-mâm s’il le faut !

1 commentaire

  1. Jean-Guillaume Birot sur 13 septembre 2019 à 14 h 08 min

    Une des arguments en faveur des mouvements suisses (pour ne pas dire ETA) est souvent la facilité pour trouver un horloger qui va maitriser ledit mouvement. Je me doute qu’à l’heure actuelle, un Miyota ou un Seiko ne pose pas de problème depuis la France mais quid des mouvements chinois ?

    Sinon, oui pour l’horlogerie française. La renaissance des modèles iconiques de Yema m’a conduit à m’intéresser à ce qui faisait le cachet de la French Attitude depuis les 60’s. La recherche d’originalité dans le design, le sens absolu du détail, tout en s’inpirant des codes appréciés des vrais passionnés, de vintage ou autre, m’a naturellement conduit chez Akrone. Et franchement, mon seul regret est d’avoir loupé des superbes séries limitées ou de ne pas avoir accès aux modèles réservés à des clients pro.
    L’horlogerie ce n’est pas que des mouvements fiables et des design de qualité, c’est aussi de belles histoires. Et les français savent indéniablement raconter de belles histoires horlogères.



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